Myriam Edjlali-Goujon : L’engagement au service de la neuroradiologie

Temps de lecture : 8 min

Ce qu’il faut retenir

  • Engagement : Une vision de la médecine qui intègre pleinement la dimension humaine et culturelle du patient.
  • Recherche : Une carrière académique et hospitalière ancrée dans l’innovation en neuroimagerie au laboratoire BioMaps.
  • Transmission : Un parcours qui démontre l’importance de faire bouger les lignes établies dans les pratiques médicales et scientifiques.

Quand la neuroradiologie rencontre l’engagement humain

Dans la pratique quotidienne d’un laboratoire, on voit défiler des milliers de résultats, des courbes, des images. Mais derrière chaque IRM cérébrale, chaque angiographie, il y a une personne, une histoire, une angoisse. C’est cette conviction profonde qui, je crois, anime le parcours de Myriam Edjlali-Goujon. Son nom circule de plus en plus dans les cercles scientifiques, et pour cause : elle incarne une nouvelle génération de praticiens-chercheurs pour qui l’excellence technique ne va pas sans une réflexion éthique et humaine.

Pour être précis, son parcours est un modèle d’articulation entre le terrain hospitalier et la recherche fondamentale. Professeur des Universités – Praticien Hospitalier en neuroradiologie diagnostique, elle est rattachée au prestigieux laboratoire BioMaps. Cette unité mixte de recherche (CEA/CNRS/Inserm/Université Paris-Saclay) est un peu le Saint-Graal de l’imagerie biomédicale. Sur le terrain, on constate que peu de cliniciens parviennent à mener de front une carrière hospitalière exigeante et une activité de recherche à ce niveau. Son engagement pour « faire bouger les lignes » prend donc tout son sens.

Le laboratoire BioMaps : un terreau d’innovation au service des patients

Lorsque j’évoque le laboratoire BioMaps avec mes anciens collègues de laboratoire d’analyses médicales, une lueur d’admiration apparaît toujours. Pourquoi ? Parce que ce laboratoire représente l’excellence à la française en matière de recherche translationnelle en imagerie. Myriam Edjlali-Goujon y évolue au sein de l’équipe « Neuroimagerie », un environnement où la frontière entre la recherche fondamentale et l’application clinique s’estompe volontairement.

Dans la pratique quotidienne d’un laboratoire de biologie médicale, nous sommes souvent les premiers à recevoir les marqueurs biologiques d’une pathologie neurologique. Mais l’imagerie, et particulièrement la neuroradiologie, apporte la localisation, la visualisation, le contexte anatomique. L’approche du Dr Edjlali-Goujon, à cheval entre ces deux mondes, est particulièrement pertinente. Petite astuce de labo : la qualité d’un diagnostic dépend toujours de la complémentarité des informations. Un bilan biologique couplé à une imagerie de pointe, interprétée par un expert, c’est la garantie d’une prise en charge optimale.

Son travail au BioMaps me rappelle l’importance des normes qualité, chères à tout biologiste médical. Que ce soit l’ISO 17025 pour les laboratoires d’analyses ou les bonnes pratiques en imagerie, le principe est le même : assurer la fiabilité et la reproductibilité des données pour le bénéfice du patient. Dans son domaine, chaque pixel d’une IRM de diffusion ou de perfusion doit être acquis et interprété avec une rigueur méthodologique absolue.

La double culture : un atout pour une médecine plus inclusive

« C’est une question qu’on me pose souvent » dans le cadre de mes formations : comment notre propre background influence-t-il notre pratique professionnelle ? Le parcours de Myriam Edjlali-Goujon, née d’un père iranien et d’une mère française, apporte une réponse éclatante. Cette double culture n’est pas une simple anecdote biographique ; c’est un véritable atout professionnel.

Dans la pratique quotidienne d’un laboratoire, nous accueillons des patients de toutes origines, avec des représentations de la maladie parfois très différentes. Comprendre ces différences, sans jugement, est essentiel pour établir une relation de confiance. De la même manière, en neuroradiologie, expliquer la nécessité d’un examen invasif ou les implications d’un résultat nécessite une sensibilité culturelle. Son regard nourri par cette double appartenance est probablement un élément clé de son approche humaine de la médecine.

Mon conseil aux jeunes techniciens et biologistes : cultivez votre ouverture d’esprit. La technique pure, si maîtrisée soit-elle, ne suffit pas. La médecine de demain, comme l’incarne le Dr Edjlali-Goujon, sera interculturelle et empathique, ou ne sera pas.

Faire bouger les lignes : un impératif pour les sciences de la santé

L’expression « faire bouger les lignes » n’est pas un slogan marketing. Dans le contexte hospitalo-universitaire, cela signifie concrètement : remettre en question les protocoles établis, défendre des idées nouvelles, se battre pour des moyens, former la relève avec une vision renouvelée. C’est un combat de tous les jours, que je connais bien pour l’avoir vécu en tant que responsable qualité.

Sur le terrain, on constate que les résistances au changement sont particulièrement fortes dans le milieu médical, souvent par crainte de perdre en sécurité ou en qualité. Pourtant, l’innovation est vitale. En neuroradiologie, les avancées sont spectaculaires : imagerie de perfusion pour caractériser les tumeurs cérébrales, IRM de diffusion pour le diagnostic précoce des AVC, tractographie pour la planification chirurgicale… Chacune de ces innovations a nécessité des « faiseurs de lignes » pour s’imposer.

Attention à ne pas confondre innovation et précipitation. Toute nouvelle technique, avant d’être intégrée en routine, doit passer par une validation rigoureuse. C’est le rôle des chercheurs cliniciens comme Myriam Edjlali-Goujon de faire ce pont entre la découverte et l’application, en respectant scrupuleusement la méthodologie et l’éthique.

La transmission : un pilier de l’engagement scientifique

En tant que formatrice occasionnelle pour des BTS bioanalyses, la question de la transmission me touche particulièrement. Le statut de Professeur des Universités du Dr Edjlali-Goujon n’est pas qu’un titre ; c’est une mission. Former les futurs radiologues, mais aussi les techniciens en imagerie médicale, les manipulateurs en électroradiologie… C’est par cette transmission que les bonnes pratiques, l’esprit critique et l’engagement se perpétuent.

Dans la pratique quotidienne, j’ai trop souvent vu des techniciens brillants exécuter des protocoles sans en comprendre la finalité clinique. Ce qu’on ne vous dit pas en formation : comprendre « pourquoi » on fait un dosage ou un examen est aussi important que savoir « comment » le faire. L’enseignement universitaire et hospitalier doit combler ce fossé. La pédagogie d’un praticien-chercheur qui vit les deux versants de la médecine est, à cet égard, inestimable.

Son engagement passe aussi par la visibilité qu’elle donne à son métier. Dans un monde où l’expertise scientifique est parfois malmenée, incarner publiquement la rigueur et l’humanisme de la recherche médicale est un acte militant. Cela participe à restaurer la confiance des citoyens dans la science, une confiance essentielle, surtout après les crises sanitaires que nous avons traversées.

Conclusion : un modèle pour les nouvelles générations de soignants et chercheurs

Le parcours de Myriam Edjlali-Goujon n’est pas juste une success story individuelle. C’est un modèle, une démonstration par l’exemple qu’il est possible – et nécessaire – de concilier excellence technique, recherche de pointe, engagement humain et transmission. Dans un système de santé souvent décrié pour son manque d’humanité et sa rigidité, de tels parcours sont des lueurs d’espoir.

Mon conseil final, notamment aux étudiants en biologie et en médecine qui me lisent : regardez au-delà de la technique. Cultivez votre curiosité, votre empathie, votre esprit critique. Osez questionner les pratiques établies, dans le respect bien sûr des preuves scientifiques et des normes en vigueur. Les lignes ne bougent que parce que des professionnels engagés, comme Myriam Edjlali-Goujon, ont le courage de les pousser. Et c’est ainsi que la médecine, et la science, progressent véritablement, au bénéfice de tous.

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