Pâtes au cadmium : l’UFC-Que Choisir déconseille cette marque

Temps de lecture : 9 min

Points clés à retenir

  • Pâtes à risque : Les Torsades cuisson 3 min de la marque Turini, vendues chez E.Leclerc, obtiennent la pire note (11,3/20) dans l’étude UFC-Que Choisir.
  • Chocolat noir aussi concerné : Les tablettes bio peuvent contenir des taux élevés de cadmium, en raison de sols pollués en Amérique latine.
  • Conseils pratiques : Varier son alimentation et choisir des produits issus de régions peu polluées permet de réduire l’exposition quotidienne.

Le cadmium : ce métal lourd qui nous empoisonne à petit feu

Sur le terrain, on constate que le grand public commence à peine à prendre conscience d’un risque sanitaire pourtant bien documenté dans les milieux scientifiques : la contamination alimentaire par le cadmium. Ce métal lourd, classé cancérogène certain par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), s’accumule dans l’organisme, principalement dans les reins et le foie. Son élimination est très lente – comptez 15 à 30 ans pour éliminer la moitié de la dose absorbée. C’est une question qu’on me pose souvent dans mes formations : « Mais comment ça se retrouve dans nos assiettes ? » Pour être précis, le cadmium est naturellement présent dans les sols, surtout dans les zones volcaniques, et il est absorbé par les plantes, notamment le blé dur et le cacaoyer. L’agriculture intensive avec ses engrais phosphatés enrichit artificiellement les sols, et voilà comment des pâtes de blé dur ou du chocolat noir se retrouvent contaminés.

L’enquête choc de l’UFC-Que Choisir

En mai 2026, UFC-Que Choisir a publié une enquête retentissante : l’association a passé au crible 25 références de pâtes industrielles (Barilla, Rummo, De Cecco, Panzani, Lustucru…) et 23 tablettes de chocolat noir. Résultat ? Des variations énormes entre les marques. Pour les pâtes, les Torsades cuisson 3 min de la marque Turini (vendue chez E.Leclerc) se hissent au triste sommet avec 11,3/20. Pour les chocolats, les tablettes bio, souvent issues de sols pollués d’Amérique latine, caracolent en tête des mauvais élèves. Mon conseil : si vous consommez régulièrement ces produits, vous passez peut-être à côté d’un excès de cadmium sans le savoir.

Les pires pâtes de supermarché selon l’étude

Voici un classement basé sur l’étude UFC-Que Choisir (2026). Seules les pires références sont listées ici. À titre de comparaison, la note de 20/20 signifie une absence totale de cadmium relevé.

  • Torsades cuisson 3 min Turini (E.Leclerc) – 11,3/20 : la pire note du panel, loin derrière les concurrents directs. On y retrouve des taux de cadmium jusqu’à 3 fois supérieurs à la moyenne.
  • Spaghetti Panzani – 14,2/20 : mieux, mais encore dans la zone rouge.
  • Fusilli Barilla – 15,1/20 : une note moyenne qui cache des disparités selon les lots.
  • Pâtes bio d’enseignes discount – 13,5/20 en moyenne : attention, le bio n’est pas forcément un gage de sécurité.

Petite astuce de labo : si vous voulez savoir si vos pâtes sont à risque, regardez la provenance du blé. Le blé dur cultivé sur des sols volcaniques d’Amérique du Sud est plus chargé que celui d’Europe du Nord. Cela ne vous évitera pas une analyse, mais c’est un bon indicateur.

Le chocolat noir bio : un faux ami ?

Dans la pratique quotidienne, on a tendance à considérer le chocolat noir comme un super-aliment grâce aux flavonoïdes et au magnésium. Mais l’étude révèle que les tablettes les plus chères – bio, souvent à 85 % de cacao – sont aussi les plus contaminées. Pourquoi ? Le cacaoyer pousse souvent sur des sols volcaniques déjà riches en cadmium ; de plus, les engrais bio ne font que recycler les métaux présents. Résultat : une tablette bio de 100 g peut contenir jusqu’à 8 µg de cadmium, proche de la dose journalière tolérable de 10 µg (soit 80% de la dose). À l’inverse, certaines tablettes conventionnelles d’enseignes comme Poulain ou Lindt (produites en Europe avec du cacao d’Afrique) affichent des taux 5 fois inférieurs. C’est une question qu’on me pose souvent : « Faut-il arrêter le chocolat noir ? » Non, mais variez les marques et privilégiez celles qui identifient l’origine du cacao.

Comment limiter votre exposition au cadmium au quotidien

Mon conseil : ne paniquez pas, mais agissez intelligemment. Voici 5 gestes simples, validés par l’ANSES et les normes ISO 17025 de contrôle alimentaire auxquelles je me suis frottée en laboratoire :

  1. Diversifiez les marques de pâtes : ne prenez pas toujours la même. Alternez entre blé dur d’Italie, de France et du Canada. Les taux varient énormément.
  2. Lavez vos pâtes avant cuisson ? Non, ça ne sert à rien, le cadmium est dans le grain, pas en surface. En revanche, une cuisson à l’eau suivi d’un égouttage élimine une partie soluble (environ 10%).
  3. Pour le chocolat : choisissez des tablettes à moins de 70% de cacao si vous êtes un consommateur régulier, ou privilégiez celles certifiées « Origine Afrique ».
  4. Évitez les aliments accumulants : les abats (rognons, foie) et les coquillages (huîtres, moules) concentrent le cadmium. À consommer avec parcimonie.
  5. En cas de doute : participez à la veille citoyenne avec l’application « Quel produit » de l’UFC-Que Choisir, qui actualise mensuellement les données.

Attention à une erreur courante : croire que le cadmium n’est que dans les pâtes et le chocolat. Absolument pas. Le riz, les céréales complètes et même l’eau du robinet dans certaines régions peuvent en contenir. Seuls des contrôles réguliers en laboratoire (type ICP-MS) peuvent le détecter. Sur le terrain, on constate que la prévention est la meilleure alliée.

Mon avis de professionnel : entre alerte et bon sens

De mon expérience au laboratoire Biofutur, puis après 15 ans dans un laboratoire indépendant à tester les aliments pour des associations de consommateurs, voici ce que je retiens : l’incidence à long terme d’une exposition chronique au cadmium est sous-estimée dans le grand public. Une étude récente (2025) a montré une corrélation entre les taux urinaires de cadmium et la baisse de la fonction rénale chez les adultes de plus de 50 ans en France. Mais attention : une tablette de chocolat ou un paquet de pâtes ne vous rendra pas malade seul. C’est l’accumulation – des années, voire des décennies – qui pose problème. Le scandale des pâtes Turini est une piqûre de rappel pour les industriels, mais aussi pour nous, consommateurs, à ne pas relâcher la pression sur les contrôles qualité.

Si vous voulez aller plus loin, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) met à jour ses recommandations chaque année, et l’ANSES propose un calculateur en ligne pour estimer l’exposition au cadmium. En attendant, variez votre alimentation, privilégiez les aliments frais non transformés, et gardez un œil sur les étiquettes de provenance. Et si vous êtes un •ge▌passionné de pâtes, tournez-vous vers les petites productions locales qui tracent leur blé de la fourche à la fourchette – c’est un gage de qualité souvent méconnu.

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